ladepecheOptimiste pour cette saison, qui s’ouvre dimanche à Ille-sur-Têt, le coprésident de Villefranche tacle la fédération, qui n’a, pour l’heure, constitué qu’une journée de championnat. À trois jours du début du championnat, le calendrier définitif n’a toujours pas été dévoilé par la fédération...

Dimanche, on va à Ille-sur-Têt et on ne sait même pas si le match va se jouer à 15 heures ou à 15 h 30. Le reste du calendrier ? On ne connaît que la première journée. Lundi soir, la fédération avait dévoilé le planning de la saison, mais selon ce document, on se déplaçait à Entraigues ce week-end... Elle a rétropédalé dès le lendemain matin. C’est un skecth.

Pourquoi met-elle autant de temps ?
Plusieurs clubs ont demandé des changements, dont nous. On souhaite pouvoir toujours jouer trois ou quatre week-ends de rang avant celui de repos. On attend de voir ce que va nous pondre la fédération. Elle arrive quand même à être plus en difficulté que les clubs... D’ici la fin de la semaine, on espère avoir le calendrier définitif. Parce que là, on ne peut toujours pas se projeter.
D’autant que vous avez appris tardivement la composition de votre poule. On sait depuis le 22 septembre qu’on sera finalement onze équipes dans une poule unique après les défections de Toulon, qui s’est mis en sommeil, et de Lyon, engagé finalement en Nationale. Au tout début, on parlait de deux poules de sept, mais comme Tonneins n’a pas pu monter, la fédération a voulu partir sur un groupe de treize. On n’était pas d’accord avec elle car ça contraignait les joueurs à disputer 24 matches avant les phases finales (au lieu de 12) alors qu’ils n’ont pas pu jouer pendant deux ans à cause de la crise sanitaire. Là, on part sur vingt rencontres (22 journées, mais chaque équipe sera exempte deux fois). Ça nous convient puisqu’on était quasiment sur le même nombre les saisons précédentes, avec neuf ou dix équipes en lice. Le retrait de Toulon et Lyon tombe bien car sinon, ça aurait été compliqué de se mettre d’accord avec la FFR XIII.

Avez-vous pu aussi obtenir gain de cause sur la réduction du prix des licences ?
On lui demandait un geste fort pour cette saison et elle a accepté de baisser de moitié le prix des licences. Mais la situation s’est débloquée seulement lundi alors qu’on avait soumis cette requête il y a deux mois... Ça nous a fait perdre des licenciés et travailler dans l’urgence. On a tenu bon parce que beaucoup de clubs étaient dans la même situation.

Tous ces incidents ont-ils perturbé la préparation de votre équipe première ?
Non, les joueurs ont repris l’entraînement le 18 août et la « prépa » s’est très bien passée. Ils n’ont fait qu’un match amical, pour une victoire le 18 septembre à Gratentour (10-44), mais ont bien tenu les 80 minutes grâce au gros travail de fond effectué cet été. Le programme concocté par le staff leur a permis de bien se remettre en jambes après deux saisons blanches, donc je ne suis pas inquiet. Les gars sont assidus, il n’y a pas de bobo... ce n’est que du positif.

Comment jugez-vous leur relation avec le nouvel entraîneur, Mark Faumuina ?
Il y a une belle osmose. Les joueurs apprécient sa rigueur. Mark entraînait les jeunes du Toulouse olympique et ne se voyait pas coacher des seniors, mais c’est un challenge pour lui de venir s’aguerrir ici. C’est un coach avec une très bonne approche rugbystique, mais qui doit travailler sur le plan humain. Dans un groupe, il faut connaître l’homme pour améliorer le rugbyman et il est en train d’y travailler.

Êtes-vous satisfait du mercato ?
On aurait aimé avoir un avant de plus, mais on n’a pas réussi à trouver. Mais je fais confiance à ce groupe, dans lequel l’amalgame se fait très bien. Je suis plutôt confiant pour cette saison.

Justement, quels sont vos objectifs ?
Je n’en ai fixé aucun car on se remet en route sur pas mal de points. Les trois catalans de la poule (Baho, Ille-sur-Têt et Pia) ont fait un sacré recrutement, mais les huit autres équipes peuvent s’approcher d’eux. À Villefranche, nous sommes dans une année de transition, déjà par rapport au nouveau staff. En plus, on intègre pas mal de jeunes depuis plusieurs années, donc il faut nous laisser du temps. On espère juste finir en haut de tableau, mais on ne pense pas à la montée, y compris sur le long terme. Il faudra d’abord qu’on retrouve notre élan économique.

Quelle est votre situation financière ?
On a 30 % de pertes par rapport à la saison passée et notre budget est donc descendu à 200 000 euros. On a perdu quelques sponsors, on essaie de les récupérer et d’en trouver d’autres pour nous permettre de recruter davantage de joueurs pour les prochaines saisons. Même si on a perdu 5 à 10 % de nos effectifs pour se situer entre 150 et 200 licenciés sur cet exercice, on réussit quand même à engager deux formations seniors, une juniors et il y a l’école de rugby. Si cette saison va au bout, il n’y a pas de raison que la situation ne revienne pas à la normale pour la prochaine.

Recueilli par Vincent Naël


Les dix autres équipes de la poule : Baho, Carpentras, Entraigues, Gratentour, Ille-sur-Têt, Lescure-Arthès, Montpellier, Pia, Salon, Villegailhenc-Aragon.

Les mouvements
Arrivées Nick Soloa Toomata (Canberra raiders/Mounties, Australie), Mark Tupuola (Norths Devils - Mal Meninga Training Squad, Australie), Shaun Brugel, Florian Mercade et Cédric Prizzon (retours). Départ Alex Magna (raisons professionnelles).

L’effectif
Ailiers Shann Brugel, Mattéo Cammisar, Cédric Prizzon, Marvyn Renaud, Fédérico Rivera.
Arrière Mattéo Meravilles.
Centres Lucas Fortet, Florian Mercade, Loïc Taurin.
Demi de mêlée Loyc Amans.
Demi d’ouverture Yann Rodriguez.
Deuxièmes ligne Jérémy Ginestet, Flavien Marian, Mark Tupuola, Nickson Ugaia.
Piliers Martin Gohon, Christopher Lafon, Nick Soloa Toomata, Kevin Sournac, Julien Yeche.
Talonneur Gabriel Bouscayrol.
Troisièmes ligne Yassine Al Ghannoufi, Alexandre Roux.


« à Villefranche, je retrouve la famille »

Nommé entraîneur de Villefranche durant l’intersaison, Mark Faumuina retrouve un club qu’il a fréquenté en tant que joueur.

Ses yeux bleus et sa carrure impressionnante vont rappeler de bons souvenirs aux supporters de Villefranche XIII. Après un passage entre 2003 et 2006, Mark Faumuina est de retour au sein du club aveyronnais. L’ancien deuxième-ligne débarque cette fois dans la peau de l’entraîneur, pour remplacer David Collado, nommé au printemps manager des équipes de France. « J’ai vécu ici de très belles années », avance l’intéressé. Et il n’est pas le seul à avoir conservé de bons souvenirs. « C’était un superbe joueur, un peu à l’ancienne, avec un gros mental », se souvient Sébastien Marty, co-président et ancien joueur des Loups, équipier durant une saison du Néo-Zelandais d’origine. « Il était droit et entier », ajoute-t-il à propos de celui qui affiche un CV impressionnant. Le natif d’Auckland, qui va fêter ses 51 ans ce samedi, a roulé sa bosse sur les terrains de XIII du monde entier avant d’atterrir à Villefranche-de-Rouergue. Il avait en effet connu plusieurs expériences en Nouvelle-Zélande, dans le championnat professionnel australien, puis en Angleterre, à York, avant de signer à Toulouse, en 1998, avec qui il a été champion de France deux ans plus tard. « En 2003, après cinq ans au club, j’avais besoin de trouver un autre challenge, dit-il. J’ai été sollicité par Villefranche, dont l’entraîneur était alors Sean Mullins, mon ancien équipier à Toulouse. Je l’ai rejoint et je n’ai pas regretté ! »

« De très belles années »
« Sportivement, c’étaient de très belles années », se rappelle Faumuina. Les Aveyronnais avaient en effet réussi à se qualifier à deux reprises pour les phases finales, en 2004 et 2005. « Et puis, cela n’a rien à voir avec aujourd’hui, ajoute-t-il. Sans vouloir faire l’ancien, le niveau était plus élevé à l’époque. » En dehors des terrains aussi, il conserve de bons souvenirs. « En arrivant à Villefranche, j’ai retrouvé une gentillesse chez les gens que je n’avais connue qu’en Nouvelle-Zélande », assure-t-il. Depuis son retour, le colosse a ainsi eu plaisir à retrouver un environnement qu’il apprécie. « Il y a encore d’anciens joueurs au club et j’ai des amis à Villefranche, glisse-t-il. C’est un plaisir de revenir ici. Je retrouve la famille. » Les retrouvailles ont été rendues possible par la volonté des dirigeants des Loups de proposer à cet ancien de la maison de prendre la suite de David Collado. « Quand j’ai été sollicité, j’ai demandé trois ou quatre jours de réflexion, pour savoir si j’étais bien à la hauteur, car Villefranche est un club pour lequel j’ai énormément d’estime, précise Mark Faumuina. Mais c’est une opportunité que je ne pouvais pas refuser. »

Enfin un rôle d’entraîneur chez les seniors
D’autant que le quinquagénaire pourra ainsi exercer comme entraîneur principal à haut niveau, lui qui exerçait précédemment au Toulouse olympique, à la fois comme adjoint de l’équipe première et entraîneur des juniors. « On s’était revu il y a trois ans et il m’avait dit qu’il était en train de passer des diplômes et que sa volonté était de devenir entraîneur en chef », détaille Sébastien Marty. Il assure que le manque d’expérience de Mark Faumuina, qui avait seulement connu ce rôle lorsqu’il était entraîneur-joueur de Gratentour il y a plus de dix ans, n’est pas un problème. « Son caractère va lui permettre de s’imposer auprès des joueurs », estime le dirigeant. Au-delà de sa découverte du rôle, le nouvel entraîneur villefranchois aura aussi la lourde tâche de succéder à David Collado, qui a fait l’unanimité lors de son passage dans l’ouest du département. « J’ai la chance de profiter de son très bon travail, explique celui qui habite toujours à Toulouse, où il exerce aussi la profession de régisseur de résidence. D’autant que nous avons un peu la même philosophie, en cherchant un maximum de discipline, à ne pas prendre de risque dans notre camp et à occuper le plus possible le terrain adverse. » À l’approche de sa première rencontre sur le banc villefranchois, ce dimanche à Entraigues, il compte « se qualifier en phase finale et pousser le potentiel des joueurs le plus possible ». Histoire de réussir au mieux ses retrouvailles avec Villefranche.


Guillaume Verdu