ladepecheLe co-président de Villefranche XIII explique pourquoi son club n’a pas candidaté pour accéder à la division supérieure.
La Fédération française de rugby compte faire passer l’Elite 1 de dix à douze clubs pour la saison prochaine et a passé un appel à candidatures parmi les clubs d’Elite 2. Villefranche XIII a récemment fait savoir qu’il ne poserait pas de dossier. Pour quelle raison ?

Il y a plusieurs raisons. Tout d’abord, au niveau sportif, nous sommes sur deux saisons qui ne sont pas allées jusqu’à leur terme. Notre souhait est avant tout de repartir sur des bases saines pour la saison prochaine. Nous estimons que le terrain doit parler, plutôt qu’un projet. Ensuite, il y a la situation financière du club, à la suite de la crise sanitaire. Nous avons la chance d’être toujours suivi par nos partenaires publics et privés. Mais dans ces circonstances, nous avons besoin d’asseoir un peu mieux notre situation avant de regarder plus haut.

Enfin, il y a le départ de notre entraîneur David Collado, au poste de manager des équipes de France. C’est quelqu’un de valeur, qui nous a apporté de très belles choses. Nous sommes en train de chercher quelqu’un pour le remplacer, cela paraît difficile de demander à monter dans le même temps.

Compte tenu de tous ces éléments, nous avons pris une décision sage. On veut passer par le terrain pour obtenir la montée. Mais il faut d’abord continuer à se structurer, avant peut-être d’y prétendre dans deux ou trois ans.

En 2017, vous aviez obtenu sportivement la montée en Elite 1, mais vous y avez renoncé…

Après notre titre de champion, nous avions refusé car notre structure humaine, au niveau de la direction du club, était trop faible pour pouvoir aller en Elite 1. Et attention, aujourd’hui nous ne sommes pas dans la même situation, nous ne refusons pas une montée. La fédération passe un appel à candidatures, chacun fait le choix de présenter un dossier ou non.

Au niveau de la structuration du club, que manque-t-il pour que Villefranche puisse évoluer en Elite 1 ?

Nous avons lancé un club entreprises en septembre 2020, pour réunir des partenaires du club. La situation a fait que l’on n’a pas pu trop avancer, mais ce n’est que partie remise. Cela permettrait de mieux soutenir le club sur le plan financier.

Au niveau du staff, on repart presque de zéro, puisqu’on perd quelqu’un de très compétent. Cela va être compliqué de trouver un entraîneur du niveau de David Collado. À l’heure actuelle, nous avons quelques contacts, mais aussi des refus, en raison de notre situation géographique.

Y a-t-il une grosse différence de moyens entre ce qui est nécessaire pour jouer le haut de tableau en Elite 2 et bien figurer à l’étage au-dessus ?

L’écart est assez conséquent. Je pense qu’il faudrait augmenter notre budget d’au moins 30 % pour jouer le milieu de tableau en Elite 1. Mais il faut aussi avoir un choix très rigoureux sur les quelques joueurs qui peuvent bénéficier d’un contrat professionnel. Si on arrive à en avoir deux ou trois et que ces joueurs ne sont pas au niveau sportif souhaité, cela peut être compliqué à vivre ensuite dans le groupe. Ce sont des choses que l’on peut voir dans certains clubs.

Dans quelle mesure la crise sanitaire impacte-t-elle sur l’économie de Villefranche XIII ?

Nos partenaires publics et privés nous ont suivis, ce qui est une bonne chose. En revanche, nous devons nous passer de la manne financière de nos manifestations que nous ne pouvons plus organiser : la soirée bœuf à la broche en début de saison, les quines, les repas sous chapiteau les jours de match. Tout cela représente environ 30 % de notre budget. On espère qu’on pourra compter sur cette manne la saison prochaine, mais toutes ces petites recettes qu’on n’a pas pu récolter font que l’on repartira sur une situation bancale.

Outre le départ de David Collado, faut-il attendre d’autres changements parmi le staff ?

David avait la compétence de faire la préparation physique. En fonction de qui on prendra comme entraîneur, il faudra peut-être également engager un préparateur physique.

Et au niveau de l’effectif ?

Maintenant que la saison est terminée, nous souhaitons rencontrer tout le monde, afin de faire le point. Mais le mieux est de faire les choses dans l’ordre et de commencer par recruter un entraîneur. On espère faire cela en avril, pour pouvoir ensuite travailler sur la prochaine saison et préparer le recrutement au plus tôt.

Guy Armitage ne reviendra pas

À peine arrivé, déjà parti. Débarqué en début d’année pour pallier le départ de Cyrus Payne, Guy Armitage s’est engagé avec Toulouse Olympique. Après un essai d’un mois, le joueur de 29 ans a convaincu le staff toulousain de le conserver pour la suite de la saison. Arrivé après l’arrêt du championnat d’Elite 2, le joueur anglais, frère de Delon et Steffen, anciens internationaux à XV, n’aura donc disputé aucune rencontre avec les Loups.

Guillaume Verdu

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