bernardC’est avec une profonde tristesse que nous avons appris la disparition de Bernard CAYSSIALS. Vaincu par la maladie, il s'est en est allé ce jeudi. Il avait 76 ans.
La cérémonie religieuse sera célébrée le lundi 19 octobre 2020, à 14 h 30, en la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue, suivie de l'inhumation au cimetière.

 

Un dernier hommage peut lui être rendu à la chambre funéraire Vialelles 53, rue des Marbriers à Villefranche-de-Rouergue. Dépôt de condoléances sur : vialellesfunéraires.fr
Selon la volonté du défunt, ni fleurs, ni plaques.

Il aura été joueur, entraîneur puis prof de sport et aura communiqué sa passion à ses élèves. Il aura ensuite été commerçant. Son autre grande passion ? Le bridge. Il en sera le président pendant une vingtaine d’années.
Lorsque sa santé lui permettait, il avait plaisir à venir aux rassemblements de l’Amicale (comme lors des 50 ans de l’école de rugby) ou à l’occasion d’un repas d’avant-match précédant une rencontre des Loups.

Bernard débute la compétition par le foot. Parallèlement, il s'entraîne à Villefranche 13, contre l'avis de ses parents. Lui, estime que ce sport correspond mieux à son caractère. Il va d’ailleurs le pratiquer  en 1963 avec le lycée privé Saint-Joseph.
1964-1965 : Serge TONUS a convaincu son père que ses qualités s'exprimaient encore mieux dans le néo-rugby. Il est sélectionné en football, mais il saute le pas et s'impose tout de suite puisqu'il jouera sans transition en équipe première. Il devient le chouchou du collectif, étant le plus jeune.
La saison suivante, l’équipe est entraînée par Maurice Descous. Le championnat commence difficilement et après avoir perdu les 6 premières rencontres dont 2 à domicile contre Villeneuve et plus surprenant contre Cavaillon, Villefranche s'apprête à recevoir le leader invaincu Perpignan. Avec ses vedettes Lacaze, Mantoulan, Bruzy, Gourbal et le Néo-Zélandais Chapman, pas question de gagner bien sûr, mais au moins résister, faire bonne figure. Tonus ne joue pas, la tâche s'avère impossible. Et pourtant, à l'issue d'un match remarquable, l'exploit se réalise. Les Catalans s'inclinent 8 à 0. 2 essais, de Husson et le dernier marqué par Cayssials sur exploit personnel, 1 pénalité de Castel. C'est l'explosion de joie, l'essai de Cayssials, parti du centre du terrain, largement commenté. La ligne d'avants a réalisé un gros match.
Les Néo-Zélandais, en tournée en Europe, se produisent en France et une sélection des Pyrénées à St Gaudens ou instrumentent  Cayssials, Descous et Giraudeau les bat 7 à 5. La bonne performance de Benard lui permet d'être retenu en France Espoirs toujours contre les Kiwis à Bayonne en compagnie de Michel Gasquet. Ce sont les deux premiers sélectionnés depuis que le club opère en Nationale. Sous la pluie incessante, sur un terrain lourd, France Espoirs et Kiwis font match nul 2 à 2. "Bernard défendit avec énergie, après avoir réalisé une belle attaque à la 38ème minute". Un pilier Néo-Zélandais se nomme Orchard. Ses fils Robert et René, porteront dans les années 90, le maillot Villefranchois.

Villefranche l'emportera à Cavaillon 15 à 3 mais le match sera terni par la grave blessure de Bernard, hospitalisé à Montpellier. Peu de temps après, la terrible nouvelle le concernant vient ternir la vie du club. On disait sa saison terminée, ce sera beaucoup plus dramatique, il aura à subir un handicap à vie (un adversaire lui est tombé dessus pour le plaquer et lui a cassé la colonne vertébrale). A seulement 22 ans, il ne peut, désormais, plus jouer. Dur pour lui, sa famille, ses amis. Mais avec sa volonté inébranlable, il fera front avec courage. C'était un grand espoir, adroit, bon attaquant et excellent défenseur de surcroît. Il était difficile de passer sur l'aile Cayssials-Husson. Jeune encore, il était donc perfectible et aurait sûrement postulé au plus haut niveau. Ce sera le pire souvenir de Serge Tonus.

En 1967-1968, Bernard est nommé manager de l'équipe Réserves. Cette même année, il est à l’origine, avec André Andurand, de la création de l'école de rugby. Combien de gamins auront pratiqué ce rugby grâce à lui ? Plusieurs centaines !!!
Bernard est nommé sélectionneur juniors par les dirigeants du Comité du Rouergue (1969-1970).

Nous sommes lors de la saison 1970-1971, Bernard Fabre commande toujours l'équipe mais n'entraîne plus. Il est remplacé provisoirement jusqu'à la fin de la saison par Bernard. Ce sera une très bonne année au niveau de la Coupe de France. En 1/8 de finale, Villefranche bat La Réole 14 à 9. En ¼ de finale, le tirage au sort n'est pas favorable : Toulouse, le leader du championnat, avec en prime, match à St Gaudens. Le 2 mai, les légions Toulousaines avec Aillères, Bégou, Arné et compagnie, sont boutées hors de la Coupe par une équipe vaillante en diable. 12 à 3 sera le score final. La presse spécialisée fera de Villefranche le héros du jour et l'outsider pour la conquête de la Coupe de France.
Pour la première fois de son histoire, le club est en ½ finale d'une compétition nationale, et hérite de Lézignan, justement détenteur de la dite Coupe. L'équipe se présente le 16 mai dans la composition suivante : arrière : Tranier, ailiers : Raynal et Bouyssou, centres : Castel et G. Kierasinski, ouverture : Fabre, mêlée : Blanck, 1ère ligne : Kierasinski J., Gayral, Labatut. Remplaçants : Leyrolles et Loupias. Une forte colonie Villefranchoise s'est déplacée et n'est nullement impressionnée par la cohorte des vignerons. Lézignan joue avec le vent et prend l'avantage. Le combat est rude mais loyal. Villefranche ne s'en laisse pas compter et ne plie pas. Le score et de 13 à 8 pour les Audois en deuxième mi-temps lorsque Castel marque le 3ème essai que transforme G. Kierasinski du coin et égalise à 13 à 13. Villefranche a une occasion en or, Lapoterie échoue à 2 mètres aux pieds des poteaux et Kiera aura la gagne aux 69ème et 72ème minutes sur coups francs aux 40 mètres. Mais le vent dévie les deux fois le ballon qui passait entre les barres, de quelques centimètres.
A la 78ème minute, Lapoterie se détache trop tôt de la mêlée. Hors jeu ! Papillon Lacaze, contre le vent, ne veut pas tenter la pénalité, mais l'ailier Alonzo l'exhorte. Il s'exécute et la balle passant au ras de la transversale, fait basculer le match. 15 à 13, c'est fini. Le beau rêve s'est envolé mais que l'aventure avait été belle ! La deuxième mi-temps avait été tout à l'avantage des poulains de Cayssials mais la chance avait choisi son camp.

En 1972, pris par ses occupations professionnelles, Bernard met un terme à ses activités d'entraîneur.

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1963 - Equipe de Treize - Lycée privé Saint-Joseph - Bernard, debout, tout à fait à droite.

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1963 - Equipe de Treize - Lycée privé Saint-Joseph - Bernard, accroupis, 4ème en partant de la gauche.

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Bernard, accroupis, 7ème en partant de la gauche, entre Jacques Viguier et Pierrot Bonnefont.

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Bernard, avec l'équipe de France, accroupis, 6ème en partant de la gauche.

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Bernard, à gauche.

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Bernard, accroupis, 2ème en partant de la gauche.

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L'équipe de la 1/2 finale de la Coupe de France face à Lézignan. Bernard, entraîneur, debout, 1er en partant de la gauche.

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Bernard, assis, 2ème en partant de la gauche.

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Bernard, à droite, à côté de Jean-Maurice "Châteaux" Castel.

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Bernard remet des médailles à l'occasion des 50 ans de l'école de rugby. Un évènement qu'il ne pouvait manquer.

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Bernard Cayssials, radieux et ravi de passer le «témoin» à Alain Bonnet et Nicolas Tranier.

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De gauche à droite : Michel Tranier, Bernard Fabre, Jean-Claude Gardou, Jean-Marie Leyrolle, Bernard Cayssials, Jacky Gayral, Jacky Raynal, Francis Tranier